Québec intense

j'me les géles

(Ceci est un texte que j’ai écrit en 2006 alors que vivais durant cinq années au Québec. J’avais envie de le partager avec vous.)

Ici, le paysage est tout à fait comme la carte de vœux de Noël que j’envoyais chaque année à mes amis.

Tu sais, comme dans ces paquets de cartes où les paysages sont plus beaux les uns que les autres…

Les arbres sont habillés de blanc, les sapins portent des petits bonnets de neige sur chaque branches… le blanc est immaculé et les escaliers de Montréal sont magnifiques à voir, tout couverts de cette blancheur.

Elle est si belle ma rue Préfontaine en hiver…

Dans le parc, je vais dire bonjour à mon copain, l’arbre aux quatre troncs, celui que j’ai baptisé l’arbre de vie, parce qu’il symbolise nos quatre parallèles… ensuite, je passe à l’arbre des fées... il a le tronc entrouvert et dedans, il y a deux yeux ronds qui te regardent fixement, comme deux yeux de chouette……

Il y a même dans l’écorce noire, le portrait d’un personnage de Peynet, un poète qui passait là et qui est resté pétrifié dans une pose qui le met en valeur, un pied en avant, les cheveux longs au vent, la redingote entrouverte... regardant droit devant lui, vers le Nord.

Les petits écureuils bondissent par sauts successifs et disparaissent presque complètement dans le manteau d’hiver des trèfles du parc… puis ils grimpent, vifs comme l’éclair, le long des troncs gelés…

Et moi je suis là au milieu, arrêté, estomaqué, ébahi… émerveillé par cette nature qui sait offrir tant de belles choses à ceux qui savent regarder…

Mes bottes tracent un sillon dans ce décor de rêve…et des larmes perlent à mes yeux… le froid?… la beauté ?… un peu des deux certainement... 🙂

Je me sens tellement intégré à tout ça, tellement Un, tellement heureux en cette seconde d’éternité… qu’il est difficile de s’en détacher et de continuer sa route…

Pourtant, il le faut bien, le soleil descend sur l’horizon, caressant d’un feu fugace, une dernière fois, ses amis de la forêt… avant d’envoyer dans ce magnifique dôme bleu qui nous protège, ses derniers rayons rougeoyants dans la ronde rose des petits nuages du soir…

Un coup de vent…

Les sapins, frissonnants, époussetant la poudreuse qui vient me caresser le visage de son frais baiser…

Dans mes cheveux dansent les cristaux des diamants de l’hiver… vite, il faut rentrer… le temps fraîchis… le soleil est parti…

Il est 17 heures…

Un fin croissant se met en place…

hiver 2006

Le Gascon